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NAISSANCE DU MYTHE


On attribue la paternité du VTT aux californiens Tom Ritchey, Gary Fisher, Jopts Brandt, Charles Kelly, Joe Breeze et Otis Guy qui ont quitté le goudron pour la terre en 1972 avec leurs vélos de route. Cette bande de potes se lançaient dans des descentes dans les montagnes de Californie sur le comté de Marin (d'où la célèbre marque) au nord de San-Francisco.


Très rapidement ils se sont mis à bricoler des vélos plus adaptés pour dévaler la célèbre piste de la Repack, c'est ainsi qu'en 1973 est né le Mountain Bike.


Le principe est simple : on utilise de vieux Schwinn Excelsior, ces vélos à gros pneus, guidon relevé et freins à tambour, que l'on monte en pick-up jusqu'en haut de la colline ; puis on se tire la bourre dans les descentes du mont Tamalpais. Malheureusement, le matériel ne suit pas : les casses sont fréquentes et surtout la graisse des freins à tambour fond avec le freinage intensif des pilotes. Il faut alors recharger de graisse le système de freinage, parfois en cours de descente, d'où cette appellation de Repack Race.


Schwinn Excelsior

Les pilotes ne sont pas réellement des sportifs. Ils font ça pour le fun et les sensations, et portent d'ailleurs des jeans, bottes et gants de cuirs pour se protéger des chutes. Les courses sont néanmoins chronométrées, et déjà quelques pilotes se distinguent, dont un certain Tom Ritchey. Chacun y va de son amélioration personnelle sur des vélos qui sont parfois de sacrés antiquités. Ce sont généralement de vieux “Cruiser”, c'est à dire des vélos étudiés pour la plage, avec de gros pneus boudins, une seule vitesse, un freinage à tambour ou à rétro-pédalage. Gary Fisher est un des premiers à introduire les dérailleurs sur ces vélos tout-terrains.


EVOLUTION DU MATOS


En 1977, Joe Breeze construit ce qu'on pourra réellement appeler le premier VTT, vélo conçu pour la pratique tout-terrain en montagne : c'est le fameux Breezer number one. Gary Fisher réplique rapidement. Il ouvre son magasin en compagnie de Tom Ritchey, et commercialise sa propre marque. Puis Tom quitte Gary pour voler de ses propres ailes, et invente dès 1979 la fourche Unicrown ainsi qu'un cadre spécialement conçu pour la pratique du VTT et qui constituera la base essentielle d'où sont tirés d'ailleurs les géométries de la majorité des cadres actuels. La même année, Charlie Cunningham invente la géométrie sloping (le tube supérieur du cadre n'est plus horizontal, mais incliné vers le bas au niveau du tube de selle, pour favoriser la maniabilité) et construit le premier VTT en alu. Puis c'est au tour de Joe Murray de créer la fameuse marque Kona.

Breezer number one

Jusqu'au début des années 80, on peut dire que le VTT reste l'activité d'un microcosme d'allumés. Il faut attendre 1981 pour voir les premières expositions de VTT dans des salons de cycles en Californie. C'est l'année de présen-tation du fameux Stumpjumper qui constituera longtemps une référence, et qui est encore aujourd'hui le fer de lance de la marque Specialized, certes pas dans sa géométrie ni son équipement d'origine, mais en digne représentant de l'évolution de la construction de cycles tout-terrain.

Stumpjumper est le premier VTT construit en grande série.

Puis c'est au tour des géants japonais d'entrer dans la danse : Suntour et Shimano s'intéressent au VTT et proposent les premiers accessoires et équipements. Nous quittons alors le domaine confidentiel de la production artisanale pour entrer dans l'industrialisation.

En 1982, Shimano sort son groupe XT qui va révolutionner la pratique du VTT.

Shimano Deore XT 1982


En France, le premier VTT est ramené du Canada en 1983. Il possédait des gros pneus et 3 plateaux. Du jamais vu.
Pourtant, c'est un mountain-Bike fabriqué sous la marque Peugeot !

En 1983, Stéphane Hauvette fonde l'Association Française de Mountain-Bike (AFMB) et en devient le premier
président.

En 1984, le VTT est vendu à un millier d'exemplaires sur toute l'année. La première compétition de VTT en France voit le jour: c'est le célèbre "Roc d'Azur" qui rassemble 12 concurrents et 30 en 1985... contre 10000 de nos jours.
L' AFMB développe la discipline en France; les premières compétitions (Roc d'azur, Paris-Deauville, les 24 heures
d'Auvergne, Chalmazel-Montbrison ... ) commencent à réunir de plus en plus de participants.

Le premier mountain-bike français reste le MBK Ranger, sorti des chaînes en 1985. Il se distinguait du vélo de route par son guidon droit, ses grosses roues et son cadre en acier plus solide. De ce fait, son poids avoisinait les 16 kilos.

En 1986, Mavic développe pour améliorer le freinage les jantes céramiques.

Le Roc d'Azur passe à 120 participants.

En 1987, deux nouveaux modèles de VTT Français, le Peugeot alpine "VTT1" et le MBK Tracker. Sachs-Sedis (entreprise française) sort sa chaîne et concurrence Shimano. Les premiers modèles pèsent entre 17 et 20 kg,

Cette même année, les premiers championnats de France et du monde ont lieu, et la revue VTT magazine arrive dans les kiosques.


MBK Tracker

En 1988, Shimano invente les vitesses indexées SIS, un système d'indexation cranté qui fait correspondre à chaque cran le passage d'une vitesse supérieure ou inférieure, la cassette passe à 6 pignons.


Vitesses indexées SIS

Dans la même année, Shimano lance le plateau ovale Biospace destiné à supprimer le point mort au pédalage (concept vite abandonné) et Gripshift développe les premières poignées tournantes.Spécialistes du freinage hydraulique, les allemands de chez Magura, riche de leur expérience moto, présentent leurs freins hydrauliques sur jantes HS 33.

En 1988, le VTT est reconnu par le Fédération Française de Cyclisme. L' AFMB devient la commission nationale du
VTT et Stéphane Hauvette en prend la présidence.

Le premier championnat de France FFC est organisé et comporte 9 épreuves. Shimano invente les vitesses indexées
SIS et la cassette passe à 6 pignons.

En 1989, Shimano sort les premières pédales automatiques (destinées au VTT) et le système hyperglide permettant sur la cassette des pignons un passage plus doux et plus précis. Apparition aussi et surtout de la première fourche à suspension, la Rock-Shox RS1 (air huile).


Rock-Shox RS1

Parution du numéro 1 de Vélo-Vert Magazine.

En 1990, les premières suspensions arrières font leur apparition, Cannondale et Proflex présentent chacun un modèle. La cassette grossit et passe à 7 pignons. Shimano fait mouche avec son systeme STI "dit RapidFire". Apparition des bar-ends et de la mythique potence Flexstem.

Potence Flexstem

L' année 1991 marque l'arrivée des tubes oversize (gros tubes) et à la légèreté. Les VTT en titane ou en composite (carbone) apparaissent et font rêver les puristes. Le Camelbak inventé par un infirmier fait son apparition.

Selle italia sort la Flite, et la marque SBike présente un VTT étonnant avec cadre Poutre, le 729.


Le 729 de SBike

En 1992 : Shimano commercialise la cassette 8 vitesses et son groupe XTR. Zoom sort ses célèbres tiges de selle.
Cannondale vend son premier tout-suspendu; le mythique V1000 agrémenté de la non moins célèbre fourche Headshock. Hutchinson commercialise le pneu “On the rock”.
Au nez et la barbe des grands manufacturiers de pneus et chambres à air, Air-B fait son apparition en utilisant du latex (plus légère et plus résistante).

Le comité olympique intègre la discipline du crooscountry comme sport olympique.

En 1993, Dia-comp crée l'aheadset. La potence vient se fixer directement sur le pivot de fourche pour une plusgrande simplicité de réglage et une meilleure rigidité. Création des poignées Oury. Onza commercialise ses inévitables bar-ends. La mode est au tuning avec les moyeux Ringlé/Nuke Proof/Pulsar. La suspension Turner active au pédalage et au freinage est issue des recherches de Dave Turner chez Kona et Mongoose et a été adoptée par de nombreuses marques de VTT. Le Sunn 5003R est élu VTT de l'année.


Sunn 5003R


Christian Taillefer signe le premier record de vitesse sur neige à Vars : 148 km/h

En 1994, Sachs présente le PowerDisc, premier système à frein à disque hydraulique (créé pour Cannondale), lourd mais ce n'est qu'un début. Les cintres se transforment et se relèvent.

PowerDisc

Apparition des groupes Shimano Alivio, STX et du nouveau Deore XT 8 vitesses. Le Titane est à la mode : léger mais
cher. Cannondale est le spécialiste du tout-suspendu avec ses Super V. GT propose également des vélos tout-suspendus, dont le RTS-3.

En 1995, Fox sort sur le marché son amortisseur arriére ALPS : succés total.

L'année 1996 marque une autre révolution venant de Shimano : les V-brakes qui vont enterrer les cantilevers.
Dorénavant, les vélos neufs doivent être équipés de système d'éclairage à la vente.

Le VTT apparaît pour la première fois aux Jeux Olympiques d'Atlanta, en 1996. Le hollandais Bart Brentjens y
devient le premier champion olympique en cross country. L'Italienne Paola Pezzo est sacrée chez les féminines.

Mavic sort des roues de X-country ultra-légères, les Crossmax, elles brillent toujours…

En 1997, Fournales sort la fourche à parallélogramme déformable, la Shark.

Apparition des tiges de selle suspendues.


Ci-dessus le model Look

Roc d'Azur nouvelle génération à Fréjus : 8500 participants et un salon. Les 200 km/h sont franchies par Eric Barone
au kilomètre lancé à VTT.

En 1998, un nouveau frein apparaît, c'est le Magura Louise, à disque et système hydraulique. Proflex, qui devient K2,
propose le 5500 à cadre monocoque carbone. BMW et Porsche se lancent dans le vélo-tout-terrain.

Max Commençal, dirigeant de Sunn, se fait évincé de la société pour mieux sauter et fonder en Andorre sa propre
marque l'année suivante.

Plus de 10000 participants au Roc d'Azur. C'est une course de légende.

En 1999, la cassette gagne encore un pignon, le 9ème. Wes Williams construit un VTT à roues de 29 pouces, le 29.er
est né (Willits).


Le Willits 29.er

Les années 2000 segmentent la pratique du vtt selon la discipline, la technique et le matériel : dirt, descente, 4×4,
enduro, x-country, marathon etc…

En 2000, Shimano commercialise un frein à disque à 4 pistons.
Un VTT de X-country à suspension intégrale est proposé par Cannondale, c'est le Jekyll. Le pneu devient Tubeless, on va se passer des chambres à air.

Jekyll


Apparition de la fourche monobras Headshok Lefty.
Le jeu de direction devient intégré au cadre.
Apparition des pneus Tubeless (sans chambre à air). 
 

En 2001 : Les premiéres roues complètes Shimano voient le jour.

En 2002, Fox fait une entrée très remarquée sur le marché des fourches suspendues avec sa nouvelle fourche F80X.
Disparition des catalogues des marques GT et Schwinn.

En 2003, Shimano crée le Dual Control, levier qui manipule les vitesses et les freins.

Dual Control


Réapparition de la marque GT qui est de nouveau importée en France. Vitus renait de ses cendres avec le Torp, à
suspension exclusive. Pace présente une gamme de fourches novatrices et luxueuses.

En 2004 : Les fourches Magura voient le jour. Sram présente les commandes de passage de vitesses X9, remplaçantes de l'ESP 9.0.

En 2005, apparition du Singlespeed, pas de dérailleur, une seule vitesse.
Sram créé une perle, une commande à gachette : le Trigger X.0.


le Trigger X.0

Les axes de moyeux avants sont bodybuildés à 20 mm pour gagner en rigidité et solidité (et en 15 mm prévu en 2009
pour le marathon et l'enduro).

En 2006 : La course à l'armement est lancée : carbone, débattements monstrueux et tarifs en hausse. La marque
Décathlon Cycle change de nom et devient b'Twin.

En 2007, après avoir acheté la société anglaise PACE, DT SWISS sort ses propres fourches suspendues. Le courant
actuel est au 29 pouces, au single speed ou encore aux beach cruiser : retour aux sources ou la boucle est bouclée ?

L'année 2008 voit le carbone apparaître sous toute ses formes : cadres, périphériques, transmission, roues etc… La tige de selle Joplin* de Crank Brothers devient une référence et un exemple pour d'autre marques (ex : Spécialized).

Le Joplin avec son levier.

* La tige de selle Crank Brothers Joplin est une tige de selle spécifiquement étudiée pour l'Enduro. Elle vous permet de rester en selle en montée comme en descente grace à son levier qui lui permet de monter ou descendre la hauteur de selle sur une hauteur de 7.5 cm.


Le Joplin R est livré avec le levier d'activation du systeme au guidon ....

La tige de selle Joplin R: Cette superbe tige de selle avec une plage de réglage de 75 mm est le rêve de tout enduriste ou freerider ! Grâce à une cartouche pneumatique intégrée, elle vous permet de modifier votre hauteur de selle en un clin d'oeil sans bouger vos mains du guidon (magnifique commande au guidon). Son système de fixation de selle garantit un montage et réglage rapide et un serrage très efficace.

Le look original et la finition irréprochable séduiront les amateurs de beau matos! Poid : 534 gr.

Les différents diamètres d'axes de roues sont monnaie courante et la transmission intégrée est à l'ordre du jour chez les constructeurs.

Aujourd'hui, le VTT représente 70% du marché du cycle en France. Grâce à l'utilisation de l'aluminium ou des
alliages pour les cadres, le poids est descendu dans une fourchette de 10 à 12 kilos. Le confort a été amélioré avec
l'apparition des fourches télescopiques, puis par des vélos tout suspendus. Le freinage a également évolué avec
l'apparition des V-brakes et des freins à disque.

De nombreux clubs se créent, de nouvelles épreuves apparaissent. Les circuits balisés sont dorénavant très nombreux et des sites de VTT sont agréés par la FFC.

COMPOSITION D'UN VTT

Sur un VTT, on retrouve deux parties majeures : le cadre et la fourche.
Dans un premier temps nous allons nous intéresser à cette dernière.

Les Fourches

De nos jours on compte 3 types de fourches : les rigides, les «monopivot» (Lefty) et les suspendues.
Une fourche se définit par un pivot, c'est le tube qui vient prendre place dans le cadre, par l'intermédiaire d'un jeu de direction. Ce tube tourne librement sur lui-même dans le cadre, mais est solidaire de la potence et du cintre ou guidon. Le pivot est indispensable pour pouvoir maintenir la fourche en place, mais également pour pouvoir transmettre les mouvements du guidon afin d'orienter le vélo et d'en contrôler la trajectoire. Les fourreaux sont les 2 "bras" situés de part et d'autre de la roue, et permettent de maintenir fermement cette dernière en son moyeu.

Dans la pratique, voyons ce que cela donne ...

Pour une pratique VTT où l'on veut se faire plaisir, les fourches rigides sont à éviter, il n'y a pas d'effet de pompage certes, mais dans les descentes le pilote subit tous les chocs dans ses poignets, ce qui est très peu confortable. Avec le contact d'une surface caillouteuse,  l'énergie ne sera pas absorbée et dissipée par la fourche mais bien par le pilote lui même, ce qui aura tendance à l'éjecter par dessus le guidon.
Maintenant, même sur les vélos bas de gamme, on relève quand même la disparition des fourches rigides, éclipsées par les suspendues.

En effet ces dernières sont les favorites des VTTistes, leur rapport fiabilité et efficacité font d'elles des outils indispensables pour partir à l'assaut d'un relief varié et technique.
Leur fonctionnement est simple :

Elle diffère des fourches rigides par les "plongeurs".
La fourche est donc dotée de plongeurs, qui, comme leur nom l'indique, sont les pièces qui vont coulisser à l'intérieur des fourreaux et "plonger" pour suivre les irrégularités du terrain et ainsi fournir un meilleur contact et un meilleur contrôle du vélo. Le T de la fourche permet de réaliser la liaison entre le pivot et les plongeurs.

Enfin, on remarque un dernier type de fourche, les « monopivot ». Autrement appelée "Fourche Lefty", elle est développée et distribuée par Cannondale, elle ne dispose que d'un seul fourreau. Elle offre précision et souplesse.

 "Fourche Lefty"


Les Cadres

Comme pour la fourche, l'ajout d'une suspension pour désolidariser les mouvements de la roue arrière du vélo a plusieurs objectifs :
     - Offrir un meilleur contact entre la roue et le sol, pour avoir une motricité optimale même sur les terrains escarpés.
     - Donner au pilote un confort d'utilisation supérieur en absorbant une partie des vibrations issues du sol et en évitant de les transmettre jusqu'à la selle.
     - Permettre un pilotage plus réactif et vif, et autoriser une pratique plus engagée sur des parcours rapides et accidentés tout en gardant le contrôle de son spad.

Bien sûr l'implémentation d'une suspension sur un cadre doit être réfléchie pour limiter les effets indésirables, tels que l'effet de pompage, qui dissipe une partie de l'énergie émise par le pilote lors du pédalage dans un mouvement du cadre de haut en bas, en particulier pendant l'ascension de pentes à fort dénivelé.

Les cadres suspendus ont un second inconvénient : le poids, plus important que celui d'un cadre rigide, qui limite fortement leur utilisation dans le cadre de compétitions XC ou le poids est un facteur déterminant sur les courses peu techniques.
Une suspension trop souple donnera un cadre « mou » et peu réactif, mais un grand confort grâce à un filtrage des aspérités du terrain très important.
Au contraire une suspension très dure apportera un comportement très vif et réactif, allant jusqu'à se rapprocher d'un cadre rigide, mais impliquera logiquement un confort de second choix. Le tout est de trouver le compromis idéal en fonction de la discipline pratiquée, associé à une technologie de suspension et à une géométrie adaptée.

A l'heure actuelle il existe différents types de géométrie :

Mono pivot :
Ce système fait appel à un triangle arrière simple et solidaire (d'une pièce, sans articulations) composé des bases, haubans, et d'une tige remplaçant le tube de selle. Ce triangle est relié au reste du cadre (triangle avant) par l'intermédiaire d'une seule et unique articulation, située au niveau du boîtier de pédalier. Pour des raisons de rendement (limiter l'effet de la tension de chaîne issue du pédalage sur le mouvement de la suspension), cette articulation est généralement positionnée juste au dessus du boîtier de pédalier, à la hauteur du second plateau.

Le Four bar linkage :
Ce système évolué se base comme son nom l'indique sur un "triangle" arrière composé non plus de trois mais de quatre éléments, dans le but de réaliser un parallélogramme déformable qui activera la suspension. Ces éléments sont :
     - un tube remplaçant le tube de selle du triangle avant
     - les bases
     - les haubans
     - une bielle située au dessous de la roue arrière, entre les haubans et le tube de selle.

Ces éléments sont associés aux quatre points d'articulations suivants pour permettre cette déformation :
     - pivot haut, qui réalise la liaison entre le tube de selle et la biellette.
     - pivot bas, situé entre le tube de selle et les bases. Ce pivot est dans la majorité des cas situé derrière le boîtier de - pédalier.
     - pivot de roue, qui fait le lien entre les bases et les haubans.
     - pivot de biellette, entre le haut des haubans et la biellette, ferme le parallélogramme.

Le VPP (Virtual Pivot Point) :
C'est une géométrie qui fait varier le fonctionnement de la suspension en fonction de la manière dont celle-ci est activée.

Le Soft Trail :
Ce système, dépourvu d'articulation, repose sur la souplesse des bases arrière. L'utilisation de cette géométrie commence à s'essouffler parce que ces principales qualités (simplicité, fiabilité et légèreté) sont maintenant atteintes par d'autres géométries, plus efficaces sur les successions de petits chocs et sur les gros sauts. Cette géométrie est utilisée en cross-country (voir "pratiques"), et fait appel à des matériaux possédant des propriétés mécaniques précises (le titane est très couramment utilisé).


Il existe également différentes technologies d'amortisseurs :

Le progrès des structures de cadres est accompagné par le celui des amortisseurs. En effet, ces derniers sont devenus de véritables outils indispensables, autant pour leurs technologies que par leurs efficacité sur tous les terrains.

Composition d'un amortisseur :
Un amortisseur est composé de deux parties : un ressort, qui emmagasine l'énergie lors de la compression et qui la restitue ensuite, et un système d'amortissement, chargé de dissiper cette énergie pour éviter un balancement indéfini de la suspension.
     - Le ressort, auparavant systématiquement composé d'un ressort métallique, a progressivement laissé là place à des amortisseurs à Air sur les modèles nécessitant peu de débattement (inférieur à 150 mm) pour diverses raisons, dont la possibilité de régler facilement la force du rebond. Selon le modèle de suspension, la dureté recherchée et le poids du pilote, la pression nécessaire peut aller de 3 bar à plus de 8. Le ressort métallique est tout de même conservé sur les cadres à fort débattement (200 mm) et fort travail, tels que ceux utilisés pour la descente (voir partie "pratiques", dans le but d'avoir une meilleure rigidité et une compression plus linéaire.
     - Le système d'amortissement peut être réalisé par un brassage d'huile. Lors de la compression / détente de la suspension, un bouchon disposant de faibles ouvertures traverse un cylindre rempli d'huile, situé dans la partie centrale de l'amortisseur. Ce mouvement force l'huile à passer dans les ouvertures, et dissipe ainsi l'énergie emmagasinée par le ressort.

Mais on retrouve très fréquemment un système à air, son principe de fonctionnement est simple : une chambre pneumatique joue le rôle de ressort. En modifiant la pression d'air, on agit sur la dureté du ressort.

Dual Air

Ce système répond à la recherche d'une compression toujours plus efficace et plus sensible sur les petites aspérités, il dispose, en plus du classique ressort formé par de l'air sous pression dans la chambre principale, une chambre secondaire dont le comportement est opposé. Cette seconde chambre a donc tendance à comprimer le ressort, lui donnant une meilleure sensibilité principalement sur les très petites aspérités.

Dual Air


Amortisseur à extension :
Scott Bicycle a développé pour son Genius (modèle XC) un amortisseur fonctionnant à l'opposé du sens conventionnel. En effet, au lieu d'être comprimé, cet amortisseur est détendu sur la suspension de telle sorte à être étiré lors du renfoncement de la roue arrière, donnant un meilleur comportement au ressort air.


Lock :
Pour gagner de la nervosité sur les passages roulants, ou lors de forte montée, le pilote n'a que très peu besoin de sa fourche. De nombreux amortisseurs disposent d'une molette de verrouillage externe, qui ferme les ouvertures du système d'amortissement, et rend la suspension totalement inefficace. En poussant ce principe de Lock plus loin, certaines marques, comme par exemple Fox Racing Shox, ont développé des amortisseurs multi-position qui offrent des comportement radicalement différents en modifiant la position d'une vanne, qui influence sur la taille des ouvertures du système d'amortissement. Les modes de fonctionnements du système d'amortissement sont alors optimisés pour la nervosité, ou le confort, ou un débattement maximal, etc. Ce système oblige tout de même le pilote à devoir modifier l'amortisseur en roulant, pour résoudre ce problème, certains constructeurs proposent en option une commande de blocage de l'amortisseur arrière au guidon.

 

LE 29"er, pneus & vélos


Pour quelles raisons la norme actuelle des VTT est la roue de 26 pouces ?


En fait au tout début du VTT, il n’existait pas de matériel adapté. Il existait une grande variété de diamètres de roues, du 24 au 32 pouces selon l’âge. La majorité des vélos pour adultes étaient pourvus de jantes de 700c (comme en route aujourd’hui) ou plus, et les 26" étaient considérés comme des vélos pour enfants.
Néanmoins les seuls pneus disponibles pour les roues adultes étaient de petite section. Par contre, les vélos pour enfants disposaient de pneus ballons plus volumineux. Ainsi, partant de ce qui était disponible, les pionniers du VTT se lancèrent dans les chemins de Marin County en Californie sur des vélos en 26 pouces avec pneus ballon, et cette taille a perduré jusqu’à aujourd’hui.
Néanmoins certaines personnes étaient convaincues de l’avantage de plus grandes roues. A la fin des années 80, certains cadres pouvant être utilisés en usage tout terrain et ayant des passages de roues généreux, acceptaient des roues de 700c dotées de pneus de moyenne section (1,5). Un bel exemple en est ce DiamondBack de 1992 :

Diamondback de 1992 acceptant des pneus de 28 "


Ce Diamondback était à la base un vélo hybride (c’était alors la grande mode des VTC, vélos pour les chemins à guidon plat). Sa géométrie, plutôt relax, le destinait plutôt aux chemins roulants.
A la même époque (fin 80 début 90), il se passait des choses en Italie du côté de Bianchi. Au départ certains essayèrent juste de mettre les plus gros pneus possibles dans leur cadre de cyclocross. Puis Bianchi lança une vraie gamme de VTT basés sur des jantes de 700c, les "projects séries" (acier avec des lugs).


Bianchi project, 28"er


Ceux-ci avaient une géométrie digne des 29"ers modernes, et des accessoires de vrai VTT (guidon plat, etc.). Il est à noter que Bianchi communiqua clairement sur le fait que ces vélos étaient faits pour le tout terrain. C’était une gamme différente des VTC.
Néanmoins cette gamme ne perça pas commercialement. La cause en revient probablement un peu aux limitations des pneus d’alors, et surtout à la faiblesse chronique des jantes 700C de l’époque. Avec les matériaux et la technologie de l’époque, les voilages et casses étaient bien trop courant, et en ont dégouté plus d’un !


 Le pneu de l’époque


Un innovateur s’écarte de la norme

Néanmoins aux USA, Wes William persévère. Il roule depuis le début des années 90 avec un BG Rock and Road, vélo de touring qu’il utilise en tout terrain. En 94 il décide de quitter son travail chez Ibis et de fonder sa propre marque de cadres : Willits dans le Colorado. Absolument convaincu de la supériorité des grandes roues, il décide de ne fabriquer que des VTT à base de jantes de 700c qu’il appelle 28"ers (en référence au diamètre total de la roue), avec en particulier son modèle baptisé "Mountie". Les pneus utilisés à l’époque étaient le Panaracer Smoke 45c (cramponné de section faible : environ 1.6 pouces) et le Continental Goliath (plus large a 47mm soit 1.8 pouces, mais quasi slick !).

En 1998,le nombre de gens intéressés par un "gros" pneu pour jante de 700 avait augmenté, mais rien ne s’était encore passé. Wes Williams décida alors d’amener un de ses vélos (appelé alors 28"er) à la direction de Wilderness Trail Bike (WTB) à Marin près de San Francisco en Californie. Il roula avec les gents de WTB puis laissa son vélo pour un essai longue durée, gratuitement. Son espoir était que cela les intéresse et qu’ils se décident à fabriquer un vrai pneu de VTT de plus gros volume.

Ce fût le cas ! Aussi Mark Slate de WTB fit le grand saut en prenant la décision de sauter le pas (fabrication du moule) sous l’impulsion de Wes qui passa commande de 250 pneus.

Ceci fût facilité par le fait que Gary Fisher utilisait alors WTB comme principal fournisseur de pneus pour ses vélos. Trouvant lui aussi l’idée très bonne, il appuya la demande, et réserva quelques pneus pour tester. (Pourtant, quelques années plus tard, les premiers Gary Fishers 29er furent équipés de pneus IRC !).

Wes voulait au moins 47mm de large. Gary et Wes aimaient le Vélociraptor, mais Mark Slate décida de fabriquer plutôt un Nanoraptor (plus léger et ne nécessitant qu’un moule en une seule pièce). Il choisit de finalement fabriquer un pneu d’au moins 52mm et créa le WTB Nanoraptor 29*2.1 qu’il reçu de l’usine en avril 1999.

Ce pneu de plus gros volume donne une roue dont le diamètre extérieur dépasse 29 pouces, d’où le nom. Ce pneu de légende, qui reste toujours une référence sur du terrain sec aujourd’hui, est souvent appelé "LE" pneu en référence à son statut de pionnier.

On doit donc la naissance des 29"ers à la combinaison de la passion de Wes Williams (père du mouvement), de la vision de Mark Slate, et de l’appui de Gary Fisher

Cette première série de pneus 29" fût répartie entre Wes Williams, Don Cook, Gary Fisher et WTB qui en gardit quelques uns.

Wes monta ce pneu sur ces cadres, que la plupart acceptèrent sans modification. Il adapta néanmoins ses cadres pour augmenter leur dégagement (en cas de boue) et fût le premier constructeur à vendre des cadres acceptant "LE" pneu avec une géométrie adaptée. En voici une photo parue dans Mountain Bike Action en septembre 1999.


Le premier 29"er : un Willits

Sur ce cadre on peut encore voir l’inscription 28"er, mais Wes changea dès l’apparition du Nanoraptor la dénomination de ses cadres de 28"er à 29"er, afin de bien les différencier du standard européen 28"er (comme on appelle les vélos Hollandais à pneu ballon pour la ville par exemple).

Don Cook amena ses pneus à Kent Eriksen, patron de Moots dans le Colorado, qui construisit un cadre adapté. Ainsi naquit le premier 29"er titane en mai 1999 (Néanmoins Eriksen n’a jamais été convaincu par le mouvement).

WTB de son côté se lança en parallèle de la fabrication du pneu dans la réalisation de quelques cadres pour 29"er (dessins datant de mars 99), mais décida finalement de rester concentré sur la production de pneus.

La présentation officielle au public eût lieu, dès l’Interbike 1999 à l’automne, on put apercevoir sur le salon :
     - les Willits, avec un cadre rigide et un tout suspendu !
     - le Moots (équipé de drop bars et d’une fourche White Brothers)
     - un Vicious
     - un WTB en titane Alors que tous les Fisher étaient en 26".

Les vélos Gary Fisher ne furent donc pas les premiers 29"ers à apparaître (et de loin). En effet, à partir de mi-1999, Gary Fisher fit fabriquer des protos afin de tester le concept par lui même. Les deux premiers furent dessinés par Mark Slate de WTB, en voici le dessin :

Dessin par Mark Wes du premier cadre 29" proto pour Gary Fisher


D’après Wes de WTB, il est à noter que Gary voulait utiliser le tube de selle cintré que l’on voit sur le dessin, afin d’avoir des bases courtes. Néanmoins il n’arriva pas à ses fins sur les cadres de grande série (On trouve maintenant ce cintrage sur les cadres Surly Karate Monkey). Les premiers cadres furent fabriqués par le cadreur Steve Potts.


Zappata Espinoza tenant le Potts 29"er fabriqué pour Gary Fisher

Détail intéressant pour nous les Français, en 2000 Gary Fisher testa une fourche Fournalès modifiée par Gary Klein (tubes rallongés) sur un de ses protos. On peut aussi noter sur cette photo qu’il avait installé un pédalier SRP servant à mesurer la puissance développé, avec lequel il démontra que les 29"er consomment légèrement moins de puissance (-3%) pour aller à la même vitesse.

Fisher 29er avec Fournalès modifiée par Gary Klein

Après un an de développement en 2000, la gamme Gary Fisher 29er fût prête mi-2001, avec des pneus IRC !

De son côté la marque européenne Nishiki (Hollande Danemark) produisait déjà des vélos de touring, et après avoir découvert les 29"er sur un salon américain, décida d’utiliser le nanoraptor pour proposer un cadre.

Ainsi, à l’EUROBIKE 2001 (présentant le matos de la saison 2002), deux nouvelles marques proposèrent des vélos basés sur des jantes de 700c : les marques Gary Fisher (USA) et Nishiki (Danemark). C’était la première présentation en Europe.

Le département marketing de Fisher les baptisa alors "29er" ce qui malheureusement était un nom déjà utilisé pour décrire des petits catamarans de sport. Par respect pour Wes Williams, nous utilisons dans ce site majoritairement son appellation 29"er, plutôt que 29er.

Voici une photo de Wes Williams (à gauche), avec Gary Fisher (milieu) et BigWhell (particulièrement bien habillé à droite) :


Les pères du 29"er! Wes Williams, Gary Fisher, BigWhell


Par la suite, des vélos custom apparurent sur les salons US, mais on ne vit quasiment rien de plus en Europe. Seul BeOne (Hollande) joignit le wagon de Nishiki en 2003 (avec des modèles plus typé tout chemin que vrais VTT).

Willits eût des problèmes financiers, et ferma boutique. Néanmoins depuis début 2006, Wes Williams a fait renaître sa marque depuis le Texas !

Le phénomène se développe bien plus vite aux US qu’en Europe (Titus, Seven, OnOne, Salsa, Surly, Ventana, Intense, etc…), ainsi Gary Fisher devrait doubler ses ventes de 29er entre 2005 et 2006, alors que cette marque n’est même pas distribuée en France !

Il est à noter un effort récent de marques Européennes. On-One en Angleterre, et Orbea en Espagne ont maintenant des 29"er à leur catalogue. Quand à la France, on devrait bientôt avoir un pneu 29" tricolore, grâce à Hutchinson !


Avant,

Après,


La fourche Unicrown

Un MBK Ranger

Système hyperglide

Célèbre fourche Headshock           

Tige de selle zoom

 

BIBLIOGRAPHIE

J'ai fait ce dossier pour avoir en une recherche rapide l'histoire d'une passion. J'ai repris textes et images intégralement car pourquoi refaire ce qui est déjà bien fait.

J'ai revérifié l'exactitude de certaines données et photos.

Pour rendre justice aux auteurs de qui j'ai tiré l'idée, les textes, les images et pour preuve d'honnêté, par respect du droits d'auteur voici mes sources :

http://sonic.net/%7Eckelly/Seekay/mtbwelcome.htm

http://users.skynet.be/LuttreVTT/pages/histoire_vtt.html

http://mtbpassion.free.fr/index.php

http://www.nostalgic.net/arc/bicycles/index-old.asp

http://cyclocrampons.free.fr/mecanique/accueilmecanique.htm

http://lasouche.oldiblog.com/

http://www.pyrenees-passion.info/VTT_histoire.php

http://concoursdemachines.blogspot.com/

http://mombat.org/MOMBAT/

http://www.firstflightbikes.com/NewGoat.htm

http://www.velotaf.com/index.php?act=home

http://www.bicyclechronicles.com/

http://www.pyrenees-passion.info/

http://www.43bikes.com/

http://batman33.unblog.fr/15/

http://www.meninbike.com/pages%20web/Boutons/Histoire%20vtt.htm

http://pagesperso-orange.fr/avenue.vtt/les_news.htm

http://www.pile-poil.net/

http://www.velo-feminin.com/

http://twentyniner.free.fr/spip/

 

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