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LES CYCLOTOURISTES SPORTIFS

 


    Rappel : le mot tourisme n’est pas vraiment adéquat (puisque nous sillonnons des régions
connues et qu’il ne s’agit pas de voyage) On devrait plutôt parler de disponibilité du cerveau
à son environnement.
 
Les premiers kilomètres
   
   Relations : très importantes – Ca cause, ça cause.
Le corps s’échauffe doucement. Le cerveau se réveille tranquillement !

Les lumières du matin
   
    Un moment délicieux et précieux !
‘Tourisme’ très important

Lieux touristiques – vallées – paysages
   
    Moments agréables s’il en est ! L’allure est toujours plus modérée car notre attention est plus
axée vers le ‘tourisme’
Dans les régions connues, le cerveau, en une fraction de seconde, est capable
de discerner les changements par rapport aux fois précédentes.
On sait ce qu’il faut voir. Les sens ne sont pas à la recherche de l’inconnu. 

L'allure soutenue   
   
    C’est une allure réfléchie qui nous permet d’aller loin avec un cerveau disponible pour capter
notre environnement.
L’allure soutenue nous offre le plaisir de vivre notre corps.
Vent contraire
   
    La vie du peloton devient plus présente. Les généreux se mettent au service des autres.
Le sport (l’effort) prend encore plus d’importance.

Côtes
   
    C’est une tradition. C’est comme ça dans plein de clubs. C’est comme ça depuis des décennies :
les côtes sont le moment où les cyclotouristes sportifs s’amusent à faire la course !!! 

Plateaux, routes monotones
   
    Les relations humaines prennent plus de place car il n’y a rien à voir. Heureusement que nous
sommes en groupe. Le sport prend dans ces moments là plus d’importance conduisant souvent
à des accélérations (dans la limite de nos faibles moyens) et à des jeux : on ne s’ennuie plus !!!

Les derniers kilomètres   
   
    Ce doit être une tradition. Souvent le peloton accélère. On dit qu’il sent l’écurie !
Personnellement, je n’aime pas trop. Je serais plutôt pour un retour au calme. 
Mais comme je veux rester avec les copains, je force un peu !!!


Pour conclure :
   
    Il y a des différences entre les cyclotouristes sportifs, les voyageurs, les randonneurs,
les familiaux, les Vététistes, les contemplatifs, les culturels…

Et c’est tant mieux !                                                                   
Daniel CLERC 
 

LE SPORT ET LE CYCLO

 

La compétition

    Le sport a une importance extrême.
    Les relations humaines sont axées vers la victoire.
    Le coureur n’a pas le temps d’apprécier les paysages !
 
Le cyclo-sport

    Le sport est la finalité. Le chrono et le classement
influent sur les relations humaines.
    Le tourisme est présent dans certaines épreuves
mais le cerveau est tellement monopolisé par l’effort
que l’environnement n’est pas bien perçu.
 
 
 
Le cyclotourisme sportif
   
     Le sport à beaucoup d'importance.   
     Les relations humaines sont excellentes !
     Le cyclotouriste sportif est à l’écoute
de son environnement même quand l’allure est soutenue.
 
Le cyclotourisme

    Le sport existe réellement dans les montées, contre le vent, quand le vélo est lourdement
chargé (voyages) et lorsque le kilométrage est important.
    Le tourisme a encore plus d’importance. Les relations sont excellentes.

    Dans tous les cas, le sport est bien présent.      
                                                                                                                                       Merci Daniel Clerc
 

LE VELO N'EST PAS SEULEMENT UN SPORT

 

Le vélo n'est pas seulement un sport. C'est une philosophie. Arrêtez de pédaler, vous tombez. Ce n'est pas rien. Car nous voici en présence d'un symbole capital l'équilibre lié au mouvement. Le marcheur ou le coureur à pied, peut faire une pause : son équilibre n'est pas compromis. Le cycliste, s'il s'arrête, devient boiteux, un animal à trois pattes: deux roues et un pied par terre. Il peut en revanche goûter les délices du déplacement "en roue libre", ce que ne peut s'offrir le coureur à pied.

     Le cycliste, comme le funambule, déplace horizontalement un centre de gravité très précaire. Métaphore de l'humaine condition ? Autre chapitre de cette philosophie, l'effort. Le mouvement que procure l'équilibre est le fruit de l'effort. Sans effort vous n'avancez pas (sauf en descente, mais celle-ci est nécessairement l'aboutissement d'une montée). Ecole de courage et de volonté, le vélo est une belle leçon de morale stoïcienne qui se combine harmonieusement avec l'épicurisme cycliste : sensations multiples du corps traversant l'espace, plaisir des yeux embrassant le paysage à allure sage, griserie de la descente, perception des bruits et des odeurs, des lumières et des sites.

     Mais on peut voir aussi le vélo sous un autre angle. Plus psychanalytique. Celui d'une continuation de l'enfance. L'enfant (mâle) a généralement deux jouets cultes : un ballon et un vélo. Faire du vélo c'est ne jamais sortir totalement de l'enfance. Il y a d'ailleurs beaucoup d'enfantillages dans les rituels cyclistes adultes, de la fierté du jouet neuf à la compétition cachée.

     D'un point de vue sociologique notons que sur un vélo tout le monde est logé à la même enseigne. Riche ou pauvre, pour avancer, il faut pédaler. Le vélo est alors un processus égalitaire que n'aiment pas beaucoup les bourgeois. L'argent peut vous faire aller plus vite en voiture, pas en vélo. On ne peut pas se payer de "cours" de vélo (à la différence du ski, du tennis, du golf...) et le matériel de prix élevé ne réduit pas l'effort à fournir.

 

     Le vélo a également son code linguistique dont les signifiants constituent un signe d'appartenance au groupe. Si tout le monde connaît le sens de l'expression (faussement efféminée) "en danseuse", l'apprentissage des termes "braquet", "dents", "prendre la roue" (ce ne sont que quelques exemples) fait partie des rites d'intégration. Dans certains cas le champ lexical est particulièrement riche. Ainsi pour désigner la déclivité de la route, le cycliste différencie le "faux-plat", la "bosse", la "cote", la "montée", le "raidillon", le "col".

     Il faut aussi rappeler que le vélo a une mythologie, c'est à dire une histoire qui se transforme parfois en légende, des cyclistes qui deviennent héros, des lieux qui résonnent de leurs exploits (voir à ce titre l'aura qui entoure certains grands cols des Alpes et des Pyrénées). Et par analogie, monter un col puis le redescendre, c'est un peu Sisyphe et son rocher. Enfin il resterait à dire toute la poésie du cycle, les envolées lyriques des grands jours de forme, la narration épique de la victoire sur un col, le récit élégiaque des heures de détresse...

     Mais à la fin de cette étude pseudo sérieuse, mimant les sciences humaines, une question fondamentale reste posée : qu'est-ce qui fait pédaler les cyclistes ? Quelle est la quête de ces Don Quichotte sur deux roues ? Fouillons leur inconscient. Ne serait-ce pas de l'ordre du fantasme, ne roulent-ils pas sans le savoir vers une image idéale, vers une Paulette sublimée, déesse de tous les vélophiles ?

     Paulette, mais oui, vous savez bien, la fille du facteur, dans la chanson de Montand...

Yves GERBAL

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