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BAGNOLES DE L'ORNE - MONT ST. MICHEL - BAGNOLES DE L'ORNE 2010

 

Aller au Mont-Saint-Michel : un rêve pour les chrétiens du Moyen-Age, une convoitise pour les Anglais, un passage obligé pour le touriste contemporain, un bonheur pour le cyclotouriste.

        Trois cyclos de la Petite reine (Claude Danet, Jérôme Solier et Daniel Acker) ont participé à cette randonnée, l'image du mont planté dans la baie, leur restera gravée dans les yeux. Il est encore plus beau d'une fois sur l'autre! Les participants n'oublierons pas non plus les ravitaillements et l'accueil des Chapellois et Chapelloises d'Andaine qui leur ont rendu plus douce la route qui paraissait parfois un peu trop rude à leurs mollets fatigués (Surtout les miens, fallait pas suivre un costaud, imbécile que je suis.). Mais quel plaisir de rouler au coeur du bocage normand entre les vergers de poiriers en fleur! « les vaux ont des monts, c'est la loi de la nature! ».

        Et puis avec plus de 600 participants, on n'est rarement isolé sur le parcours. On retrouve des connaissances, ou on en fait, on roule avec des clubs voisins comme celui de Flers-Triathlon, hein! Claude...

        Et aussi j'ai entendu sur mon passage « le Perche! Nogent le Rotrou! Ah la belle région!». Ça c'est le maillot. Merci Jean-Pierre.

        Par ce récit je tiens à remercier encore Claude pour les poussettes dans les montées du retour car je crois que j'y serais encore, et bravo aussi à Daniel pour son parcours plus court, mais le plus dur de la rando.

Rédacteur Cyclo-Jérôme.


Photo Catherine G.. du Triathlon de flers.

Photo  de l' AS d'Andaine.

  Photo d'ambiance du Bagnoles de l'Orne - Mont St. Michel - Bagnoles de l'Orne 2010, circuit 205 km

pour plus de photos cliquer ICI.

Place Saint POL.

 

La nature s'est vêtue d'un blanc manteau,

Que deviennent nos valeureux cyclos.

 

Avec regret je regarde mon vélo,

Bloqué par une triste météo.

 

Pendant que dame prépare le gigot,

Je vague en attendant l'apéro.

 

Cet après midi j'irais jusqu'au château,

Promener mon beau petit Bémolo.

 

En m'imaginant dans mon futur maillot.

Je rêve de ma prochaine cyclo.

 

Cyclo-Jérôme

Paul de Vivie l'inventeur du cyclotourisme.

 

Il y a quelques jours j'ai rencontré Jean Denormandie.

Il m'a parlé d'une découverte qu'il fit récemment lors d'une promenade

près du mont Ventoux et je lui ai fait la promesse de mettre

l'article suivant sur le site.

 

Paul de Vivie l'inventeur du cyclotourisme.

 

Un nouveau musée du vélo à Pernes les Fontaines au pied du mont Ventoux

    Pernes-les-Fontaines possède désormais, le seul musée du vieux vélo de toute la région PACA.

    L'idée est née à l'occasion de la dernière fête du patrimoine. Au pays de Paul de Vivie, pouvait-il en être autrement ?

    Deux Pernois, passionnés de vélo, l'adjoint à la Culture Didier Carle ainsi que Guy Claverie, Claude Barsotti, d'Entraigues, et Franck Bailly de Monteux, prennent dignement la suite de "Vélocio" en créant ce musée dans les magnifiques caves de la mairie.

    On ne pouvait imaginer un endroit plus propice pour installer un musée du vélo. Ce musée unique est installé dans les caves en pierre aux plafonds voûtés de l’Hôtel de Brancas, bâtiment du XVIIe siècle qui abrite aujourd’hui la mairie. Mais surtout au pied du Mont Ventoux, étape mythique du Tour de France mais aussi au pays du père fondateur du cyclotourisme et inventeur, Paul de Vivie, plus connu sous le pseudonyme de Vélocio.(Voir la biographie)

 

    Ce musée, qui s’étale sur 180m2, montre l’évolution du vélo à travers les âges et expose une belle soixantaine de pièces de collection devant lesquelles on ne peut avoir qu’un regard attendri.

    La salle principale raconte l’histoire du cycle et présente de vieux vélos comme une bicyclette anglaise de 1892, un tandem Wonder à remorque de 1936, un tricycle de 1880, une Hirondelle de 1930 et toute une série d’engins du grand Bi aux randonneuses racées des meilleurs couturiers du cycle des années 60 en passant par l’historique tandem des premiers congés payés de 1936.

    La seconde partie expose des vélos de course. Le plus ancien, un Fageot, date de 1895. C’est un vélo lyonnais avec une chaîne à rouleau et des pneus sans air, dits à bandages. On y trouve un vélo italien de 1930 équipé du premier dérailleur utilisé dans le Tour 1938, un vélo américain de 1904, un Quincy de 1907, et bien d’autres trésors.

    La troisième partie, plus attendrissante encore, est consacrée aux vélos d’enfants.



Le Musée Comtadin du Cycle dans les caves de l'hôtel de Brancas.

Le musée est à visiter aux heures d'ouverture de la mairie.

Ouvert au printemps du 11 avril au 30 juin, les mercredis et samedis de 14h à 18h.
L'été : ouvert du 1er juillet au 30 août de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h30, fermé le mardi, en septembre : ouvert les mercredis et samedis de 14h à 18h.

Tél : 04 90 66 40 50.

BIOGRAPHIE de Paul de Vivie dit Vélocio.

    C'est en 1853, dans la ville de Pernes les Fontaines, que naquit Paul de Vivie (1853-1930), dont le pseudonyme littéraire était Vélocio. Ce passionné de la "petite reine " est une figure emblématique, non seulement parce qu'il donna ce nom de "cyclotourisme" à notre loisir, mais aussi du fait de son inlassable action de propagandiste, en selle d'abord, ainsi que plume en main dans les colonnes de sa revue
Le cycliste (1887-1973), revue qui lui survécut et qui, lorsqu'elle disparut, était la doyenne des publications sportives françaises.
    Autant amateur de grandes randonnées que de rencontres amicales, il est à l'origine, entre autres, des Diagonales de France et de Pâques en Provence. Un monument lui est dédié au col du Grand Bois (ou de la République), sur la nationale 82, à 17 kilomètres de Saint Étienne.
    Outre la revue spécialisée "
Le cycliste" il devait fonder la manufacture Stéphanoise de Cycles "La Gauloise " en 1882. C'est dans cette même manufacture qu'il inventa le cadre sans raccords, le pédalier, et les moyeux détachables, l'ajustabilité de la roue dentée du pédalier à toutes les lignes de chaînes, le cadre équiangle et, bien sûr, le dérailleur. Paul de Vivie désireux que la bicyclette soit le plus commode possible pour les cyclotouristes, mettra au banc d'essai de multiples machines à changements de vitesse (avec bichaîne, chaîne flottante...).

    Il s'intéressera à toutes les expériences faites en ce domaine et se battra pour la "polymultication" ou changements de vitesse. En 1913 à lieu à Chanteloup la course de la Polymultipliée où les coureurs expérimentent divers systèmes de changements de vitesse. Autant d'inventions qui changèrent la face du vélo !
    Le 23 octobre 1881, Paul de Vivie quitta son domicile, qui se trouvait à l'époque 6 rue Brossard à Saint Étienne. Ce Provençal de 28 ans était devenu Stéphanois d'adoption depuis 1875, date à laquelle le soyeux lyonnais qui l'employait l'avait envoyé créer une succursale dans la capitale de la Loire. Il s'y était marié et le seul de ses trois enfants qui lui survivra avait alors trois ans.
    Son métier l'avait conduit à cultiver quelques relations chez les industriels et commerçants de la région, ainsi que chez des artisans mécaniciens relativement aisés.
    A cette époque, les hommes jeunes et dynamiques, enfin ceux qui possédaient des ressources suffisantes pour s'offrir l'une de ces onéreuses machines, s'enthousiasmaient pour le grand bi, et aussi le tricycle, plus lourd mais moins dangereux. On parlait de machines, de promenades et souvent de "courses", terme ambigu désignant alors autant la randonnée que la compétition. Et c'est ainsi que Paul de Vivie et ses amis eurent l'idée de donner une structure juridique à leur connivence : ils allaient créer un club.
    C'est pour cette raison que Paul de Vivie se rendit, le 23 octobre 1881, là où se tenait l'assemblée constitutive de leur association, vraisemblablement chez A. Jourjon, 1 rue des Arts, lieu qui fut choisi, ce même jour, comme siège social des Cyclistes stéphanois.


ENSEMBLE, ENTRE AMATEURS


    La séance s'ouvrit, Étaient présents, outre Paul de Vivie et A. Jourjon, J. Croizier, J. Jardel, A. Penel, J. Berger, A. Boehm, J. Chateauneuf, A. Duplat, les frères Gauthier, J. Héritier, A. et J. Lespinasse, F. Pélissier, ainsi que Vallat et Michallet. On adopta les statuts et le bureau fut formé, composé de Croizier, président, Jardel (élève de l'École des mines), vice-président, Penel, trésorier, Jourjon, commissaire des courses et Paul de Vivie, secrétaire. Il fut décidé que celui-ci serait chargé des démarches administratives.
    Paul de Vivie rédigea donc, le 4 février suivant, une demande d'autorisation et la fit signer par les autres membres du bureau ; elle parvint une semaine plus tard à la préfecture de la Loire accompagnée d'un exemplaire des statuts. L'autorisation fut donnée par le préfet le 11 mars 1882.

    Désormais le club existait. Selon l'article 1er de ses statuts, son but était "d'offrir à ses adhérents l'avantage de faire en compagnie d'amateurs choisis d'agréables promenades, courses et voyages". On le voit, les Cyclistes stéphanois, comme les autres clubs sportifs de l'époque, n'étaient pas ouverts au tout venant. La notion d'amateur était alors très élitiste : on disait qu'on était "amateur de sport" au même titre qu'on pouvait se présenter comme "amateur d'art". Nombreux étaient ainsi les clubs qui excluaient systématiquement les ouvriers, parce qu'il était établi en principe qu'ils ne pouvaient être de véritables amateurs.

    Précurseur tant en technique, qu'en diététique, il démontra à cette époque que l'on peut rouler longtemps (il faisait des étapes de 40 heures), pour peu que l'on suive des règles élémentaires de pratique et d'hygiène. Ses "sept commandements" sont restés en mémoire et demeurent encore aujourd'hui des préceptes à suivre pour rouler bien et longtemps.

Les sept commandements de Vélocio

    1 - Haltes rares et courtes, afin de ne pas laisser tomber la pression.

    2 - Repas légers et fréquents : manger avant d'avoir faim, boire avant d'avoir soif.

    3 - Ne jamais aller jusqu'à la fatigue anormale qui se traduit par le manque d'appétit et de sommeil.

    4 - Se couvrir avant d'avoir froid, se découvrir avant d'avoir chaud et ne pas craindre d'exposer l'épiderme au soleil, à l'air, à l'eau.

    5 - Rayer de l'alimentation, au moins en cours de route, le vin, la viande et le tabac.

    6 - Ne jamais forcer, rester en dedans de ses moyens, surtout pendant les premières heures où l'on est tenté de se dépenser trop parce qu'on se sent plein de forces.

    7 - Ne jamais pédaler par amour-propre

Les Dérailleurs.

Avant ...

    Les changements de vitesse sont apparus très tôt sur les bicyclettes, en tout cas bien avant le Gran Sport de Campagnolo et les premiers modèles de Shimano.
    Au tout départ, en 1890, on changeait les vitesses en retournant la roue (ce mode primitif resta longtemps en usage chez les coureurs cyclistes), puis apparurent les systèmes à deux plateaux et deux pignons présentant le même nombre total de dents de façon à avoir une tension de chaîne toujours identique. En effet, quand il n'y a pas de roue libre, la tension de chaîne doit être respectée (les tandémistes connaissent bien ce problème avec leur chaîne de liaison).
    Puis la roue libre est apparue vers 1900 et ce fut alors une floraison de systèmes de changements de vitesse, dont les Rétro-directs. Pour en savoir plus, nous conseillons la lecture de l’ouvrage de Raymond Henry: « Du vélocipède au dérailleur moderne »

Dérailleur arrière

    C’est en 1895 que l'on trouve trace du premier dérailleur arrière, celui de Jean Loubeyre. En 1908, cinq modèles différents de dérailleurs arrière étaient vendus sur le marché.
    Les dérailleurs
Le Chemineau et Le Cyclo furent les premiers à être commercialisés en grande série. Le dérailleur Le Chemineau (marque fondée par Joanny Pannel) fut construit dès 1911 sans doute à partir des mécanismes équipant la bicyclette "La Gauloise" de Vélocio. Le fameux dérailleur Le Cyclo fut construit par Albert Raimond en 1924. Mais à la naissance du Chemineau et du Cyclo, nous trouvons le même inventeur : Claudius Bouillier. Il est à noter que celui-ci, ainsi que Pannel et Raimond étaient tous les trois des grands randonneurs sportifs issus du cercle des amis de Vélocio et de la société RPF: Rivolier Père & Fils.
    Le dérailleur est une invention des cyclotouristes et son développement dans le monde de la course n’arriva que beaucoup plus tard. Ce n’est qu’en 1937 que les organisateurs du Tour de France acceptèrent son utilisation. Un seul modèle fut homologué (pour sauvegarder l’égalité des chances): le
Super-Champion de l’ancien coureur cycliste Oscar Egg.
    En 1935, Lucien Juy, fabricant de dérailleurs à Dijon depuis 1928, mit au point le premier système à parallélogramme articulé: le
Super-Simplex. Puis ce fut le Nivex, en 1938, qui équipa de nombreuses machines Singer. Il présentait l’intérêt de pouvoir travailler avec un repos de chaîne qui permettait de démonter la roue arrière sans à avoir à se salir les doigts.
    En 1949, Tullio Campagnolo sortit le
Gran Sport. Dès le début, Campagnolo se tourna vers le haut de gamme et sut sponsoriser des coureurs célèbres. En 1963, 110 des 130 coureurs du Tour de France utilisaient un "Campa", dont Jacques Anquetil, le vainqueur.
    En 1956, au Japon, Shozabaro Shimano sortit son premier dérailleur : une copie du dérailleur
Simplex de 1950. Nous connaissons la suite de l’histoire… malheureuse pour l’industrie française.

Dérailleur avant

    Pour le dérailleur avant, les premiers cyclistes utilisaient leurs doigts, puis ils eurent recours à une simple tringle.
    En 1908, Vélocio utilisait "une sorte de guide chaîne oscillant qui amenait le brin supérieur de chaîne en face de l'une quelconque des trois roues dentées...".
    Des dérailleurs avant ont été mis au point par la plupart des marques citées plus haut. Mais il faut noter ici tous les modèles créés spécialement par les constructeurs : Herse, Singer, Routens (un des plus beaux)... montèrent leurs propres réalisations.

Comment ça marche ?

    Le fonctionnement d'un dérailleur est relativement simple. Mais cela nécessite de recourir à une roue libre et à des chaînes présentant une certaine souplesse latérale. Le principe du dérailleur est d'être un guide chaîne qui amène la chaîne en face du pignon ou de la couronne. La chaîne grimpe (ou descend) tout simplement sur la nouvelle denture. Et, ô miracle, la chaîne descend dans le fond des dents pour engrainer le nouveau pignon.

    Un dérailleur utilise donc les éléments suivants:
        - une fourchette pour le dérailleur avant,
        - une chape (ou un train de galet) qui supporte les galets pour le dérailleur arrière,
        - deux galets ou deux pignons ou deux "poulies" pour permettre l'enroulement et la tension de la chaîne arrière,
        - un parallélogramme déformable (le plus souvent) pour permettre le déplacement latéral de la fourchette ou des galets.

Application au tandem

    Pendant de nombreuses années, le dérailleur de référence fut Le Cyclo que ce soit pour les bicyclettes ou pour nos machines doubles. Ensuite, le dérailleur Huret Duopar eut son heure de gloire. Maintenant, nous retrouvons les incontournables Shimano ou Campagnolo. C'est d'ailleurs souvent le modèle Campagnolo Chorus qui équipe maintenant les tandems de qualité.

    Pour le tandem, il ne faut pas oublier l’étendue de la gamme de braquets utilisés. Le dérailleur arrière doit être capable d’absorber aussi bien un 53x11 et qu'un 26x28 et surtout aussi les intermédiaires. Ainsi un écart de plus de 30 dents est chose commune sur un tandem.
Des constructeurs proposent des dérailleurs avec des chapes plus ou moins grandes pour accepter des écarts croissants allant de 29 à 39 dents. De même, le dérailleur avant est fonction du nombre de plateaux pour le débattement, mais aussi pour la capacité.


Références

- R. Henry, "Du vélocipède au dérailleur moderne", Ed. Association des Amis du Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne, 2003.
- B. Chaussinand,
"Claudius Bouillier - Pionner du dérailleur et disciple de Vélocio ", Ed. à compte d'auteur, 2002.
- B. Chaussinand,
"Joanny Panel - Le Chemineau", Ed. à compte d'auteur, 2004.
- H. Ichikawa et J. Heine, Developing the Campagnolo Gran Sport - the first modern racing derailleur, "
VBQ", vol.2 n.2, 2003, p.1 à 6

Informations : Office du tourisme de Pernes les Fontaines : 04 90 61 31 04, ot.pernes@wanadoo.fr

Sites :

http://lepetitbraquet.free.fr/chron2_paul_vivier.htm" target=?

http://cyclusvisviva.blogspot.com/2009/03/paul-de-vivie.html" target=?

http://pilat.oueb.free.fr/livres/2901282075.php" target=?


Mon Ventoux

Dédié

A mon épouse et à mes filles.

(Les copains et copines de la Petite Reine de Nogent le Rotrou sont autorisés à lire)

 

            « Je revends mon beau vélo et je m'inscris au golf ! Non, Au bowling! Non, Au billard ! Ah, J'ai trouvé ! Je prends une carte de pêche et je me la coule douce sur les pentes douces de l'Huisne dans mon Perche, à me faire du gras. » (Délire dans le dernier km).

            Hein ! Jean-Paul. (J'espère qu'il ne lira pas mon article).

            Ce qui suivra est ma première montée du Ventoux et des 4 erreurs dignes d’un débutant. Je hais les côtes ! Mais une fois le taux d'endorphine et le sommet atteints c'est bon d'être dingue !

            La 1ère erreur : est d’avoir grimpé l’avant veille 5 Cols et la veille 3 Cols.

            Clac, clac c’est le bruit des cale pieds et c’est parti, au loin on voit le mont Ventoux c’est magnifique, mais ce n'est pas sans excitation que je serre le guidon.

            La 2ème erreur : ne pas s’alimenter suffisamment avant le départ.

            Après 9 km d'échauffement sur un parcours tranquille j'arrive devant l’office du tourisme de Sault où je déclenche le compteur. Appréhension pour la suite et regret que cela ne soit pas avec mon Décathlon Compétition 9.1 car c'est lui qui méritait d'être là, avec lequel j'ai souffert durant trois ans. C'est avec lui que j'ai réussi à perdre 18 kg. Mais la rupture du dropout(*) en alu m'oblige à m'en séparer quelque temps. C'est donc avec un b'Twin comp 4 FC 900 que je me retrouve devant l’OT. Ok ! Je vous ennuie, donc je disais !

            Le village de Sault est assis sur une colline au pied d'une côte de 26 km à 4.7% enfin quelques tronçons indiquerons 6% avant les 9,5% des 5 derniers km. Un raidillon ! m'annoncera un autochtone avec un sourire accompagné d'un rictus, mais pour moi une montagne, un col à 1912 m dont la masse imposante emplit l’horizon. Le "Géant de Provence".

            Bon ! Cette fois ci, c’est la bonne.

            Je ne sais pas ce qu'ils mettent dans le « côtes du Ventoux » vin rouge fruité, facile à boire et à apprécier, hic!... Mais une fois passé Sault, je parlais avec mon beau vélo n° 2 ! D'ailleurs ! C'est lui qui va vous raconter la suite, car après .......

            25  km de montée c'est long ... très long.... jusqu’à là mon maximum était de 12 km. Les expérimentés des longs parcours, les spécialistes des longs efforts passeront sans encombre cette difficulté. Pour mon maître néophyte dans cette discipline, regrettera t' il d'être venu !!!

            On passe les 10 premiers km, jusqu'à là mon maître tient le coup ! La côte est raisonnable pour l'instant il tient un bon rythme, je sens qu'il ne veut pas se mettre dans le rouge, car il n'y aura pas de récupération possible avant le chalet Reynard. Mais mon maître est présomptueux, car brutalement les jambes vont lui manquer (résultat des Cols des jours précédents), il lui reste encore 10 km avant le chalet Reynard. Il passe en danseuse, mais la force lui manque et l’oblige à se rassoir, il essaie de bien respirer, bien souffler, il se prépare pour un énorme effort,  il est  prêt pour encaisser une grande souffrance, il y a encore 9 km jusqu'au chalet. Les cuisses gonflent, les muscles se gorgent de sang, sa cuisse de droite lui fait mal, toujours cette douleur. Pour ma part je ne m'attendais pas à une côte aussi raide avant le chalet Reynard.

            Encore 4,5 km avant le chalet, le soleil est déjà très fort, mon maître souffre, la trajectoire est moins droite, il a mis les mains en milieu de guidon, il est déjà sur son 39 x 25. Il me surprend encore à dépasser de nombreux cyclos, probablement des fougueux des premiers km, mais nous sommes aussi dépassés par des dingos du Ventoux. Ce matin, de nombreux cyclos sont déjà sur la route, il va s’en suivre une file indienne, il y a parfois moins de 20 mètres entre chaque cyclo. Mon maître est toujours sur le même braquet, c'est dur mais il s'accroche, nous arrivons à un petit méplat qui annonce le chalet, mon maître se relève, il se détend les muscles du dos ralentit un peu son allure le temps du méplat et je le savais ne s'arrêtera pas !

C’est la 3ème erreur !

            L'observatoire, 6 km. Le paysage est désertique, plus aucune verdure, c’est la caillasse. On dirait que la route se fraye un chemin dans un désert de cailloux. Mon maître prend les virages le plus à l'extérieur c'est moins dur qu'à l'intérieur. Mon maître passera, pour la première fois depuis trois ans et demi qu’il à repris le vélo, sur le plateau de 30 dents et 23 à l’arrière.

Le soleil est de plomb, 4 km encore, cela devient dur, très dur, par moment on  zigzag entre fatigue et cailloux qu’on évite sur la chaussée. Mon maitre se concentre sur le pédalage, on passe en 30 x 25 c’est son plus petit braquet, il n’est pas loin de l’agonie, son rythme cardiaque a accéléré, son souffle est plus rapide, il boit encore une fois, l'endorphine agit, il est dans un autre monde. Je sais qu’il ne mettra pas pied à terre, c’est sa petite fierté. La tourelle de l'observatoire donne l'impression de grossir, mais ne jamais se rapprocher.

            Encore un kilomètre environ, mon maitre dépassera encore un dernier cyclo, il lui jettera un regard avec une phrase d’encouragement « Tiens bon mon gars on l’aura se p… de col ! » mais l’autre ne peut répondre, c’est un zombi, un rouquin aux yeux injectés de sang à la limite de la mort. Mon maître lève la tête, voit une longue ligne droite et un dernier virage sur la droite, sur le bord de la route des groupes de touristes encouragent les cyclos, cela semble lui redonner un peu de force, la route semble se relever, on a l'impression d'être en plein ciel.

Non, interdit de renoncer !

Tiens voilà que je pense comme lui ! 50, 40, 30, 20, 10m et c’est l’observatoire, mon maître s’arrête et le chrono aussi 1h59, l’horreur. La jambe est fragile mais il tient debout.

            Il attendait ce moment depuis plusieurs semaines, il en rêvait, je l’imagine Grand et Fort, il savoure ce moment à la fois de délivrance, de liberté face à ce paysage. Des larmes apparaissent, en ce moment il pense à sa petite femme et à ses filles qui ne peuvent partager cet instant.

C’est vraiment impressionnant !!

C’est un spectacle à la fois lunaire et magnifique. Je sais tout cela, car je le vois dans ses larmes. Il caresse ma guidoline, c’est la petite tape amicale du jockey satisfait de la course de sa monture.

            Eh ! Moi aussi, je savoure la victoire, rien à casser, certes je suis neuf ! Que l’on soit fort ou faible nous l’avons vaincu ce mont chauve. Une main posée sur l’épaule de mon maître le fera se retourner, tiens ! Le rouquin de la montée, un allemand en quelque geste nous comprenons qu’il vient aussi de vivre un moment très fort. Et c'est enfin la délivrance, la descente sur Sault, le retour vers Ferrassières lieu du gîte, avec bien sûr une petite pensée pour les copains. Dans cette descente de 26 km nous dépasserons les 80 km/h.

La 4ème erreur : ne pas s’être ravitaillé au chalet Reynard dans la descente.

Une fringale lui fera parcourir les 9 derniers km de  montée à 5.5%  entre Sault et Ferrassieres à la limite de l’effondrement à la vitesse de 6,5 km/h.

            Non il ne le vendra pas son beau vélo finalement et il dira,

A BIENTÔT MONSIEUR LE MONT VENTOUX !

 

Signé,

     Mon beau vélo.

 

 

Cyclo-Jérôme au kilomètre 10 de l'ascension

 (*) Qu'est ce qu'un dropout ?

                                             Dropout arrière                                                    

Dropout avant

Départ : Ferrassières, direction Sault, (alt: 760m), le col des Tempêtes (Observatoire alt:1912) et retours par Sault, Ferrassières, distance totale : 65km.

Montée 25km. - Dénivelée : 1147m. - Pourcentage moyen : 4,7% Pourcentage max : 9%

Difficulté : ***

Temps total : 3h40 ; temps de la montée : 1h59.

 

J'ai monté le Ventoux par 1 côté (Sault) au lieu de 2 comme prévu, suite aux congés écourtés par un contretemps, j'ai gravi d’autres Cols dont certain plusieurs fois comme :

 

Col d'Aulan 845 m, x 3 fois

Col de Mévouillon 890 m,

Col de Macuègne 1068 m, x 2 fois

Col St. Jean 1158 m,

Col de l'Homme Mort 1213 m, x 2 fois

Col du Négron 1242 m,

Col de Perty 1302 m,

 

C'est simple on ne sort pas de Ferrassières sans être obligé de passer par plusieurs cols a moins de vous limiter à quelques km.

 

Quelques chiffres, en 8 jours de vacance :

            4 jours de vélo,

            280 km,

            6 litres d'eau absorbées,

            2 boites de barres nutritives,

            2 prises d'EPO* par jour,

            0 crevaison (grâce aux Michelin PRO RACE3 Service course). Si ! Si !

            vitesse maxi 81.4 km/h,

            1 frayeur,

            vitesse mini 5,5 km/h dans les dix derniers mètres du Ventoux,

            2 kilos de perdu.

* Eau Pastis Olives

 

b'Twin FC 900 face au Décathlon série 9.1

 

Positif

 

  •   légèreté 7,2kg
  •   + de nervosité dans les relances (grâce aux roues AERO SL)
  •   + de précision dans les vitesses (Shimano Ultégra SL)
  •   cadre facile d'entretien
  •   roue facile d'entretien surtout dû au concept des moyeux
  •   serrage de roues agréable

 

Négatif

 

  •   La guidoline blanche ingrate à nettoyer qualité de base
  •   selle FIZIK Pavé sport CX moins confortable que la FIZIK Pavé CROMO

UN CYCLO EN COLERE

La Belle de Caddie a des pneus de voilés

Chi-ca ! Chi-ca ! Chic ! Aie ! Aie ! Aie !

 

Pardon Luis Mariano

     En 1969, j'avais 13 ans. J'allais chercher du lait avec mon bidon en alu chez le crémier qui me disait toujours un grand bonjour. Je prenais du beurre fait avec du lait de vache, coupé à la motte, puis je demandais une douzaine d'œufs qu'il sortait d'une grande corbeille en osier. Je payais et j'avais le sourire de la crémière aux yeux bleus avec une belle poitrine et je sortais sous un grand soleil, le coeur réchauffé et heureux.

     Le tout avait demandé 10 minutes.

     En 2009, je prends le caddie de merde dont une roue est coincée et qui le fait aller dans tous les sens sauf celui que je veux. Je passe par le tourniquet qui devrait tourner mais qui est arrêté par ce qu'un con l'a poussé, puis je cherche le rayon crémerie où je me gèle les couilles pour choisir parmi 12 marques le beurre qui est fait à base de lait de la CEE !!. Là je cherche la date limite, parmi les beurres dit Bio, Pro-Actif, doux, demi doux, salé, demi sel, anti cholestérol, Oméga 3, etc...

     Pour le lait je dois choisir parmi les vitaminés, les Bio, allégés, très allégés, nourrissons, enfants, malades, ou mieux en promo et la composition entier, écrémé, demi-écrémé, ultra haut température.

     Pour les œufs je cherche la date de ponte, le nom de la société et surtout je vérifie qu'aucun des oeufs n'est fêlé ou cassé, je cherche dans un étal de 3 mètres de long, parmi les oeufs dit Agriculture Bio, élevés en plein air ou d'élevage intensif. Je me méfie des boites avec écrit dessus Oeufs de poules !!! .

     Puis je fais la queue à la caisse puisque la grosse dame devant moi a pris une promo à la con qui n'a pas son putain de code barre. J'attends! Puis viens mon tour. La caissière qui a ses ragnagnas en retard tape le mauvais code de merde et dois appeler la responsable pour corriger l'erreur de frappe, puis c'est au tour de ma putain de carte bleue de ne passer qu'au 3ème essai. Puis toujours avec ce foutu caddie de merde je sors pour chercher mon véhicule sous la pluie. Je ne le retrouve pas, car j'ai oublié dans quelle allée je suis garé. Enfin après avoir chargé la voiture et constaté qu'un gros con  m'a éraflé la porte arrière, je reporte l'engin pourri à son emplacement et là je m'aperçois qu'il m'est impossible de récupérer mon jeton auquel je tenais tant car c'était un souvenir d'Arcachon (snif). Je reviens à ma voiture sous une saloperie de pluie qui a redoublée.

     Je regarde ma montre, cela fait 2 heures que je suis parti.

(Je crois que je n'ai jamais aligné autant de gros mots, mais cela fait du bien de le dire.).

Cyclo-jérôme

 

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